Commentaire de Duhem (La théorie physique, p.152-153)

Ainsi, tous ceux qui sont capables de réfléchir, de prendre conscience de leur propres pensées, sentent en eux-mêmes une aspiration, impossible à étouffer, vers l’unité logique de la théorie physique. Cette aspiration vers une théorie dont toutes les parties s’accordent logiquement les unes avec les autres est, d’ailleurs, l’inséparable compagne de cette autre aspiration, dont nous avons déjà constaté l’irrésistible puissance, vers une théorie qui soit une classification naturelle des lois physiques. Nous sentons, en effet, que si les rapports réels des choses, insaisissables aux méthodes dont use le physicien, se reflètent en quelque sorte dans nos théories physiques, ce reflet ne peut être privé d’ordre ni d’unité. Prouver par arguments convaincants que ce sentiment est conforme à la vérité serait une tâche au-dessus des moyens de la Physique ; comment pourrions-nous assigner les caractères que doit présenter le reflet, puisque les objets dont émane ce reflet échappent à notre vue ? Et cependant, ce sentiment surgit en nous avec une force invincible ; celui qui n’y voudrait voir qu’un leurre et une illusion ne saurait être réduit au silence par le principe de contradiction ; mais il serait excommunié par le sens commun.

En cette circonstance, comme en toutes, la Science serait impuissante à établir la légitimité des principes mêmes qui traces ses méthodes et dirigent ses recherches, si elle ne recourait au sens commun. Au fond de nos doctrines les plus clairement énoncées, les plus rigoureusement déduites, nous retrouvons toujours cet ensemble confus de tendances, d’aspirations, d’intuitions ; aucune analyse n’est assez pénétrante pour les séparer les unes des autres, pour les décomposer en éléments plus simples ; aucun langage n’est assez précis et assez souple pour les définir et les formuler ; et cependant, les vérités que ce sens commun nous révèle sont si claires et si certaines que nous ne pouvons ni les méconnaître, ni les révoquer en doute ; bien plus, toute clarté et toute certitude scientifiques sont un reflet de leur clarté et un prolongement de leur certitude.

La raison n’a donc point d’argument logique pour arrêter une théorie physique qui voudrait briser les chaînes de la rigueur logique ; mais la “nature soutient la raison impuissance et l’empêche d’extravaguer jusqu’à ce point”.

La plupart des physiciens, considérant l’impossibilité de construire un seul système de physique pour rendre compte des phénomènes du monde, semblent avoir renoncé à l’unification de la théorie physique ; ils se contentent, même si c’est déjà beaucoup, de se servir de plusieurs modèles physiques capables de décrire adéquatement les différents phénomènes étudiés, mais sans chercher à fondre ces multiples constructions en une seule théorie physique unifiée. Duhem traite précisément de ce problème dans ce passage de La théorie physique, mais en faisant remarquer qu’il existe, en chaque homme, une aspiration à l’unité de la théorie physique et à la classification naturelle des lois physiques. D’après Duhem, si les physiciens construisent des modèles physiques sans les intégrer en une théorie physique unifiée, ce n’est point parce qu’ils ont définitivement abandonné toute possibilité d’unité de la science, mais parce qu’ils y sont contraints sur le moment, parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement ; ils n’ont simplement pas les moyens de le faire, ils peuvent seulement espérer que, plus tard, d’autres parviendront à réaliser cette unification théorique à laquelle ils ne peuvent définitivement renoncer. De plus, les hommes ont une aspiration vers la classification naturelle des lois de la théorie physique, ce qui signifie qu’ils ne cherchent pas seulement des rapports purement conventionnels entre les abstractions élaborées et la réalité, mais des rapports réels, même si ces derniers ne peuvent être démontrés. Ceci pose un problème important, que tente de résoudre Duhem, et que nous pouvons résumer ainsi : comment légitimer l’aspiration à l’unité logique de la théorie physique et aux classifications naturelles des lois physiques, alors que des difficultés, visiblement inextricables, semblent empêcher le physicien d’atteindre ces objectifs ?  La réponse de Duhem consiste à dire que ce n’est pas la raison qui est la cause de ces aspirations, mais bien plutôt le sens commun ; autrement dit, on ne peut pas expliquer dans sa totalité l’activité rationnelle en invoquant la seule raison. Pour mieux cerner le texte de Duhem, nous pouvons le diviser en trois moments : d’abord, du début à “classification naturelle des lois physiques”, l’auteur expose sa thèse de la double aspiration à l’unité logique de la théorie physique et à la classification naturelle des lois ; puis, jusqu’à “excommunié par le sens commun”, il résume la signification de l’aspiration à la classification naturelle qu’il a déjà exposée précédemment dans son ouvrage ; enfin, jusqu’à “extravaguer jusqu’à ce point”, Duhem expose avec davantage de détail le rôle que joue d’après lui le sens commun, si important dans sa doctrine. Ainsi, l’étude de cet extrait nous permettra peut-être de mieux cerner la nature et la place que joue le sens commun, cette faculté qui ne s’assimile pas à la raison, et qui joue pourtant un rôle essentiel, d’après Duhem, dans les recherches scientifiques.

La première idée importante à remarquer est que Duhem pense qu’il y a une universalité de l’aspiration qu’il décrit. En effet, Duhem précise que cette aspiration se manifeste chez “tous ceux qui sont capables de réfléchir, de prendre conscience de leurs propres pensées”. En d’autres termes, il s’agit ici de tous les hommes, en tant qu’ils sont des animaux raisonnables disposant d’une conscience de soi. L’universalité dont il s’agit, c’est l’universalité du logos, qui est présent chez tous les hommes, sauf chez certains individus, qui, pour des raisons accidentelles, ne possèdent pas la même faculté rationnelle que les autres. Ainsi tous les hommes sains, disposant d’une rationalité normale, ont en eux l’aspiration à l’unité logique de la théorie physique, ce qui peut paraître étonnant, puisque nous savons que bien peu d’hommes s’intéressent à la physique, et qu’a fortiori, les hommes pensant à l’unité logique de la théorie physique sont rarissimes : la très grande majorité des êtres humains se moquent de ces questions, sont animés par d’autres aspirations bien moins intellectuelles, et n’ont probablement jamais réfléchi, comme Duhem, à l’aspiration vers l’unité logique de la théorie physique. De prime abord, donc, on pourrait croire que Duhem généralise sans prudence son propre cas, et exagère la portée de cette aspiration à laquelle il semble si attaché. Toutefois, cette difficulté peut être levé aisément si l’on comprend que l’aspiration décrite par Duhem n’est contenue chez la plupart des hommes qu’à l’état latent, et qu’elle devient manifeste chez les individus qui, pour des raisons quelconques, sont amenés à s’intéresser à la science physique, et à développer des réflexions approfondies sur la physique étrangères à la plupart des hommes. Cette aspiration, dont la nature reste floue pour le moment, est donc toujours présente en droit chez tous les hommes, même si, en fait, elle ne le peut être que chez les hommes s’intéressant à la science, et qu’elle peut être niée, réprimée, comme n’importe quelle aspiration.

Il nous faut maintenant comprendre l’objet de cette aspiration universelle et rendre compte des problèmes éventuels que celle-ci peut poser. Il est d’abord question ici de l’aspiration vers l’unité logique de la théorie physique ; l’aspiration vers la classification naturelle est traitée plus loin dans le texte. Dans cet extrait, on nous dit seulement que cette aspiration nous fait tendre “vers une théorie dont toutes les parties s’accordent logiquement les unes avec les autres”. Le sens de cette aspiration vers l’unité logique ne peut être saisi qu’à la lueur du chapitre entier dans lequel se situe cet extrait : Duhem y développe sa thèse en détail. L’affirmation de Duhem se situe dans le contexte de sa distinction entre les esprit faibles mais amples, incarnés par les Anglais, et entre les esprit forts mais étroits, incarnés par les Français : tandis que ces derniers sont davantage attachés au raisonnement, à l’abstraction, à l’ordre des idées, les premiers, disposant d’une puissante imagination, se souciant moins des exigences de logique et de clarté, sont habiles à élaborer d’ingénieux modèles et représentations pour décrire les phénomènes physiques. On comprend que les esprits faibles, amples, “utilitaires” dit aussi Duhem, fassent problème : ils semblent ne pas se soucier de l’unité logique de la science, puisqu’il multiplient les modèles, et qu’ils proposent plusieurs théories fondées sur des hypothèses différentes. Ceci va très précisément à l’encontre de ce que pense Duhem, puisque les esprits amples, en multipliant les modèles, sont en contradiction avec l’exigence de cohérence de la théorie physique. Toutefois, cette exigence ne trouve pas sa source dans la simple logique ; il serait alors tout naturel de dire aux esprits amples qu’ils nient les règles élémentaires de la logique ; en réalité, l’incohérence, d’après Duhem, ne peut pas être condamnée par la raison, mais, comme on le verra, par le sens commun. Cette impossibilité de rejeter au nom de la logique la multiplicité des théories vient de ce que, comme Duhem l’a montré au début de son ouvrage, la théorie physique ne cherche pas une explication des phénomènes, mais seulement leur description et leur classification ; or, les classifications relèvent de l’artifice : ce sont des conventions inventées par l’homme pour correspondre au mieux à la réalité, et on conçoit aisément qu’il puisse en exister plusieurs. Cette impossibilité de condamner l’incohérence des théories au nom de la logique et de la raison est parfaitement exprimée par cette citation de Poincaré, citée à deux reprises par Duhem, et extraite de Électricité et Optique : “Deux théories contradictoires peuvent, en effet, pourvu qu’on ne les mêle pas, et qu’on y cherche pas le fond des choses, être toutes deux d’utiles instruments de recherche.” On voit bien par là que la condition de validité d’une telle méthode de travail vient de ce qu’on considère les constructions physiques uniquement comme des conventions, et non comme des reflets adéquats de la nature même des choses. Pourtant, malgré ce que l’on vient d’évoquer, Duhem pense, comme il le dit dans ce même chapitre, que : ”tout physicien aspire naturellement à l’unité de la science.” On va voir qu’il en va de même pour l’idéal d’une classification naturelle des lois physiques.

Pour comprendre la portée de l’expression classification naturelle employée par Duhem, il faut partir des buts que se proposent les physiciens lorsqu’ils travaillent à cette science, question qu’a traité l’auteur précédemment dans son ouvrage. On peut résumer l’objectif des physiciens en reprenant la définition importante que donne Duhem de la théorie physique au début du Chapitre II de la première partie : “Une théorie physique n’est pas une explication. C’est un système de propositions mathématiques, déduites d’un petit nombre de principes, qui ont pour but de représenter aussi complètement et aussi exactement que possible, un ensemble de lois expérimentales.” Les physiciens ne cherchent donc pas la signification profonde des phénomènes qu’ils étudient ; ils ne cherchent pas à répondre à la question du “pourquoi ?”, mais bien plutôt du “comment”, et c’est pourquoi la théorie physique n’est pas une explication, mais bien plutôt une représentation symbolique et conventionnelle du monde. Le but de la théorie physique est donc assez modeste : non point élaborer une explication conforme à la réalité, mais seulement représenter, sans aller contre l’expérience, les phénomènes naturels. Il est clair que si Duhem se contentait de cette position, il pourrait à juste titre être accusé de conventionnalisme, comme on le fait souvent ; en effet, on appelle généralement conventionnaliste quiconque pense que les théories humaines, trop humaines des scientifiques ne peuvent que proposer, en un langage commode, une représentation symbolique des phénomènes naturels ne correspondant pas aux choses telles qu’elles sont. Or, ce qui semble précisément séparer Duhem du conventionnalisme attribué à Henri Poincaré ou à Edouard Le Roy, c’est cette aspiration à la classification naturelle qui vient nuancer les affirmations de Duhem sur le caractère purement descriptif et symbolique de la théorie physique. En effet, Duhem entend bien, avec ce qu’il appelle l’aspiration vers la classification naturelle, que les lois énoncées par les physiciens doivent tendre à s’ordonner d’après l’ordre réel de la nature ; et, ainsi, les classifications faites par les physiciens ne sauraient être purement artificielles et ne révèlent pas d’un arbitraire total, comme si le scientifique imposait sa construction théorique par un libre décret, mais ces classifications doivent refléter, même si ceci est indémontrable et au moins dans une certaine mesure, l’ordre réel des choses. Parler de classification naturelle, c’est dire que l’ordre logique de la théorie doit correspondre à l’ordre ontologique : il doit y avoir une équivalence, une affinité entre la théorie et les choses, ce que nie justement les conventionnalistes.

Nous sommes ici au coeur du problème, car Duhem ne peut légitimer cette conviction qu’il y a une classification naturelle en avançant des arguments rationnels. Cette conviction, cette aspiration, est d’autant plus profonde qu’elle est indémontrable ; et en effet, on ne voit pas comment le physicien pourrait prouver que les théories, forgées par un entendement humain, correspondent véritablement aux choses mêmes ; s’il essayait de démontrer cette conviction, il finirait par proposer un argumentaire métaphysique, fondé sur des principes dépassant la sphère de l’expérience à laquelle le physicien doit demeurer cantonné. Il n’est, au fond, pas étonnant de trouver, sous la plume de Duhem, une idée très similaire de la distinction célèbre que fait Kant entre les phénomènes et les choses en soi, même si Duhem, qui n’a sans doute que peu étudié Kant, utilise une terminologie différente : “comment pourrions-nous assigner les caractères que doit présenter le reflet, puisque les objets dont émane ce reflet échappent à notre vue ?”. Aussi, Duhem ne tombe pas dans cette erreur ; il sait qu’il serait absolument vain et même présomptueux de prétendre démontrer la réalité de cette classification naturelle ; il préfère, subtilement, suggérer que cette conviction profonde n’est pas démontrable, qu’elle est seulement de l’ordre de l’idéal, de l’aspiration, un peu comme la métaphysique chez Kant : on ne peut pas prouver qu’il existe Dieu, mais il y a en nous une disposition rationnelle qui nous pousse à penser un être inconditionné rendant compte de l’ordre de l’univers. Cette aspiration, cette disposition, cet idéal, cet espoir, Duhem dit qu’on peut en trouver la source dans ce qu’il appelle le sens commun. Cela fait voir encore une fois que l’aspiration dont il est question est présent en droit chez tous les hommes, et même que l’universalité de ce sentiment empêche qu’on le considère comme une simple illusion ; qu’on le veuille ou non, l’aspiration vers la classification naturelle et l’unité logique de la science s’impose en nous “avec une force invincible”.

Maintenant, nous pouvons nous intéresser non plus sur l’objet de l’aspiration décrite par Duhem, mais sur sa nature elle-même. On a vu que, d’après Duhem, la source de cette aspiration est le sens commun. Ici, notre problème est que Duhem, du fait même de la nature de ce sens commun, ne peut pas le déterminer avec précision, ce qui serait retrouver les critères de la rationalité ; c’est pourquoi il parle d’un “ensemble confus de tendances, d’aspirations, d’intuitions”. L’emploi du mot intuition est révélateur et exprime bien ce dont veut parler Duhem ; par intuition, en effet, on entend un contact direct de l’esprit avec la chose, sans médiation discursive : on sent l’idée, on ne la prouve pas, on n’argumente pas pour elle ; elle s’impose. Toute l’argumentation de Duhem, comme toute celles fondée sur le rôle de l’intuition, ne peut finalement reposer que sur l’invitation du lecteur à consulter sa propre expérience, à sentir comme lui l’aspiration qu’il décrit. Ainsi, Bergson, lorsqu’il développe l’idée d’une intuition de la durée concrète, convoque l’expérience la plus commune, que chacun peut faire : il faut attendre que le sucre fonde lorsqu’on le met dans un verre d’eau. Il n’en va pas autrement pour Duhem : il suffit d’essayer de penser soi-même à une théorie physique absolument conventionnelle, ne reposant en rien sur la réalité des choses elles-mêmes, ne se préoccupant nullement de la cohérence et de l’idéal d’unité, pour sentir en soi un fort sentiment d’insatisfaction, un élan vers un idéal plus élevé, un besoin de tendre vers une science plus conforme à nos exigences. Cette intuition dirige immédiatement l’esprit vers la forme la plus simple de la chose visée, d’où l’opposition de ce terme avec celui d’analyse : analyser, c’est décomposer, délier un ensemble complexe en parties simples ; mais ceci est impossible ici, parce que l’intuition nous livre d’emblée l’élément sous sa forme la plus pure, la moins composée. Dès lors, analyser, argumenter, ou même essayer de se servir du langage, comme tente de le faire Duhem sans s’illusionner sur la réussite de son essai, aboutit nécessairement à manquer l’essentiel, qui est intuitif, qui doit être expérimenté et senti sans recours à une forme discursive.

La valeur de ces vérités est incontestable d’après Duhem, parce que non seulement elles sont universelles, mais sont également d’une clarté telle qu’il serait absurde de les remettre en cause. Mais il s’agit de bien plus que cela encore ; car Duhem va jusqu’a dire que “toute clarté et toute certitude scientifique sont un reflet de leur clarté et un prolongement de leur certitude.” Ici, les vérités saisies par l’intuition deviennent en quelque sorte le modèle de la certitude scientifique : ce n’est pas à l’intuition de se conformer au mode de raisonnement discursif, mais c’est bien plutôt la certitude scientifique qui doit prendre comme modèle la clarté et la certitude donnée par les vérités intuitives. On comprend par là qu’on aurait tout à fait tort de penser que l’invocation au sens commun serait un relâchement de la raison, une concession faite à une forme quelconque de mysticisme ou d’irrationalisme ; cette intuition dont parle Duhem, bien qu’elle ne trouve pas sa source dans la raison elle-même, appuie et supporte les efforts de la raison, elle conduit au même chemin de recherche de la connaissance ; mieux, elle est la modèle de ce chemin. Duhem achève cet extrait et la première partie de son ouvrage par une citation de Pascal, auteur qui a plus que tout autre insisté sur les limites de la raison, non pour dénigrer ses capacités, qui sont réelles, mais pour rappeler que la raison, pour être efficace, doit toujours être soutenue par le coeur, par la nature, par ce que Duhem appelle plutôt le sens commun ; la terminologie importe peu, pourvu que l’on sente ce sentiment puissant qui appuie la raison, et qui, dans le cadre d’une réflexion sur la théorie physique, pousse les scientifiques à aspirer à l’unité logique et la classification naturelle des lois physiques.

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