Commentaire : Alain, Système des beaux arts

Préliminaires de commentaire : Alain, Système des beaux arts

 « Imagination, maîtresse d’erreur, selon Pascal. Montaigne, de même, parlant de ceux qui « croient voir ce qu’ils ne voient point », nous ramène au centre de la notion, et nous en découvre toute l’étendue selon ce qu’exige le langage commun. Car, si l’on entend ce mot selon l’usage, l’imagination n’est pas seulement, ni même principalement, un pouvoir contemplatif de l’esprit, mais surtout l’erreur et le désordre entrant dans l’esprit en même temps que le tumulte du corps. Comme on peut voir dans la peur, où les effets de l’imagination, si connus, tiennent d’abord à des perceptions indubitables du corps propre, comme contracture, tremblement, chaleur et froid, battements du cœur, étranglement, alors que les images des objets supposés qui en seraient la cause sont souvent tout à fait indéterminées, et toujours évanouissantes, entendez que l’attention les dissipe et qu’elles se reforment comme derrière nous. Il importe de reconnaître d’abord, par un sévère examen, que ce pouvoir d’évoquer les apparences des objets absents ne va pas aussi loin qu’on le dit, ni qu’on le croit, et en d’autres termes, que l’imagination nous trompe aussi sur sa propre nature.

[…]

J’ajoute qu’il est prudent de ne point trop se croire soi-même, dès qu’une passion forte, ou seulement la passion de témoigner, nous anime. Revenons toujours à l’exemple de la peur, où le jeu de l’imagination est si puissant et la croyance si forte, même quand le pouvoir d’évoquer est incertain et tâtonnant. Au lieu donc de croire, ce qui est proprement la folie d’imagination, que c’est l’objet supposé qui fait preuve et produit l’émotion, il est raisonnable de penser que c’est l’émotion qui fait preuve, et donne ainsi sens et consistance à des impressions par elles-mêmes mal déterminées. Quand on imagine une voix dans le battement d’une horloge, on n’entend toujours qu’un battement d’horloge, et la moindre attention nous en assure. Mais dans ce cas-là, et sans doute dans tous, le jugement faux est secouru par la voix même, et la voix crée un objet nouveau qui se substitue à l’autre. Ici nous forgeons la chose imaginée ; forgée, elle est réelle par cela même, et perçue à n’en point douter. »

Analyse de base pour l’introduction :

Thème : L’imagination et les erreurs qu’elle produit.

Thèse : L’imagination n’est pas tant le pouvoir d’évoquer les objets absents que le lieu par lequel les illusions, les erreurs, les émotions trompeuses apparaissent à notre esprit et troublent notre corps.

Problème : En quel sens peut-on dire que l’imagination est maîtresse d’erreurs et de faussetés ? Que se passe t-il en l’homme pour qu’il soit si facilement abusé par les caprices de son imagination ?

Plan : 

1) L’imagination nous trompe, engendre des illusions, provoque un tumulte dans le corps, et ne doit donc point être considéré comme un simple pouvoir contemplatif de l’esprit. (Ligne 1 à 5)

2) L’exemple de la peur fait voir que ce qui compte pour comprendre l’imagination ce n’est pas l’objet qu’on imagine, mais plutôt le processus qui anime le sujet imaginant ; ce qui nous amène à considérer l’imagination avec méfiance et ne pas nous tromper sur sa propre nature. (Ligne 6 à à 13)

3) Cette perspective nous invite à être méfiant à l’égard de ses propres croyances et à nous interroger sur le rôle persuasif joué par l’émotion dans les illusions créées par l’imagination. (Ligne 14 à 24)

Enjeux : Comprendre l’imagination et ses mécanismes pour ne point facilement être les dupes de celle-ci.

Remarques pour le développement :

1) “”Imagination, maîtresse d’erreur, selon Pascal”.

D’emblée, Alain fait appel à la citation classique de Pascal : “C’est cette partie dominante dans l’homme, cette maîtresse d’erreur et de faussetés, et d’autant plus fourbe qu’elle ne l’est pas toujours”. Ici, le concept d’imagination n’est pas utilisé dans le cadre d’un registre esthétique, c’est-à-dire que l’on ne cherche pas à dévoiler les puissances de l’imagination créatrice comme pourrait le faire un Bachelard à la même époque ; en revanche, l’imagination est analysée dans un registre gnoséologique, ce qui renvoie aux textes fameux de Montaigne, Pascal, Malebranche où l’imagination apparaît comme une faculté de l’esprit dangereuse, capricieuse, dont il faut avant tout se méfier si nous ne voulons pas tomber dans l’erreur. D’après cette conception, l’imagination serait l’adversaire de la raison, ce qui éclate avec force dans la suite de l’extrait de Pascal qu’Alain a cité : “Cette superbe puissance, ennemie de la raison, qui se plaît à la contrôler et à la dominer, pour montrer combien elle peut en toute chose, a établi dans l’homme une seconde nature.” On le voit, on est loin de la valorisation romantique qui fera de l’imagination, selon l’expression de Baudelaire, “la reine des facultés”.

2)”Montaigne, de même, parlant de ceux qui “croient voir ce qu’ils ne voient point”, nous ramène au centre de la notion, et nous en découvre toute l’étendue selon ce qu’exige le langage commun. “

On fait rapidement le lien avec la définition classique de l’imagination : pouvoir de produire des images et des représentations d’objets absents ou inexistants, même si, un peu plus loin, Alain va nuancer ce pouvoir qu’aurait l’imagination à évoquer les objets absents. Dans cette phrase de Montaigne, on discerne tout de suite ce qui semble être problématique dans l’imagination : elle cause des illusions. En effet, en proie aux caprices de notre imagination, nous pouvons sincèrement croire que les images qui nous viennent d’elles sont des perceptions vraies du réel, comme lorsque nous rêvons ou lorsque, seul, la nuit, dans une grande maison, nous croyons entendre des bruits suspects. À la rigueur, si l’on n’était point dupe et que l’on distinguerait immédiatement ce qui relève des images illusoires de l’imagination et ce qui relève des perceptions vraies du réel, il n’y aurait point de problème : l’on pourrait toujours jouer avec son imagination, puisque notre raison la briderait, la dominerait, la contrôlerait. Or, au moment où nous sommes victimes des caprices de l’imagination, nous n’avons pas conscience d’être en proie à une illusion ; voilà la source de presque tous les maux imaginaires. Ce que nous dit de surcroît Alain, c’est que cette conception de l’imagination est la plus commune ; il faut faire confiance à notre langage et à l’usage, pour découvrir ce qu’il y a de vraiment essentiel dans la notion à travailler, à savoir l’imagination. Par exemple, il est très fréquent d’entendre quelqu’un s’exclamer : “c’était un délire de mon imagination” ; ce qui montre que la représentation d’une imagination trompeuse est ancrée dans l’utilisation quotidienne du langage.

3) “Car, si l’on entend ce mot selon l’usage, l’imagination n’est pas seulement, ni même principalement, un pouvoir contemplatif de l’esprit, mais surtout l’erreur et le désordre entrant dans l’esprit en même temps que le tumulte et le désordre du corps.”

Ici, Alain se fait plus clair sur la conception de l’imagination qu’il veut présenter au lecteur. Il commence par rappeler que l’usage et le langage commun est avec lui : quand nous utilisons le terme imagination dans la vie quotidienne, nous n’avons pas vraiment en tête le sens que les savants lui donnent le plus souvent et voient avant tout dans l’imagination une faculté intellectuelle capable de reproduire des images. En suivant l’usage, Alain trouve un autre chemin pour comprendre l’imagination, et qui est peut-être plus fécond, car plus proche de notre expérience quotidienne. En effet, avec l’imagination, notre esprit n’est pas aussi libre que l’on pourrait le croire ; au contraire, les exemples font voir que l’esprit est plutôt passif face aux brusques foucades de l’imagination. L’esprit est troublé dans son propre royaume. Et surtout, ce n’est point seulement l’esprit qui est troublé, c’est aussi le corps, que les philosophes sont souvent prompts à oublier dans leurs analyses. La référence au corps est donc essentielle, car ceci nous permet de ne pas s’enfermer dans une conception intellectualiste de l’imagination, comme si nous étions de purs esprits. L’hypothèse d’Alain commence à être de plus en plus claire : pour comprendre l’imagination et les erreurs qu’elle engendre, il faut nous intéresser à ses mécanismes qui troublent notre esprit et notre corps.

4) “Comme on peut le voir dans la peur, où les effets de l’imagination, si connus, tiennent d’abord à des perceptions indubitables du corps propre, comme contracture, tremblement, chaleur et froid, battements du coeur, étranglement,”

Alain choisit délibérément un exemple simple et connu pour développer sa conception de l’imagination : l’exemple de la peur, que tout le monde a déjà expérimenté. Et en effet, comment ne pas retrouver sa propre expérience à travers les mots que choisit Alain pour caractériser les effets de la peur ? “Contracture, tremblement, chaleur et froid, battements du coeur, étranglement” : ces mots nous renvoient directement à notre expérience de la peur. Lorsque nous avons peur de quelque chose, ce sont d’abord des effets physiques qui se manifestent. Alain utilise une expression intéressante : “perceptions indubitables du corps propre” : ceci signifie que les manifestations du corps sont des phénomènes qu’on ne peut pas mettre en doute et qu’ils ont des impacts directs sur nous. Quand nous avons peur, ce n’est pas comme lorsque nous examinons froidement une idée ; quand nous avons affaire à une idée, nous pouvons prendre notre temps, être détaché de ce dont nous parlons, essayer autant que possible d’être objectif. Au contraire, quand un mal imaginaire, comme la peur, nous assaille, on ne peut pas mettre en doute les manifestations physiques de cette émotion ou remettre au lendemain l’examen de l’objet à l’origine de notre peur ; nous sommes embarqués.

5) “alors que les images des objets supposés qui en seraient la cause sont souvent tout à fait indéterminées, et toujours évanouissantes, entendez que l’attention les dissipe et qu’elles se reforment derrière nous. “

Ce qui fait, en quelque sorte, la perversité de l’imagination, c’est que malgré ce qu’elle nous fait croire, l’objet qui est à l’origine de du mal imaginaire ne joue presque aucun rôle. On peut avoir peur d’une ombre ; mais cette ombre n’est rien ; c’est nous qui lui donnons des formes effrayantes, et qui voyons, dans cet amas d’obscurité sans forme objective, des contours donnant l’illusion qu’il s’agit le signe de l’existence dans les alentours d’un monstre qui rôde. Comme le dit Alain, ces images sont “indéterminées, et toujours évanouissantes” : il suffit de les examiner froidement, en bridant l’élan tumultueux de son imagination, pour s’apercevoir que l’image en question était essentiellement construit par nous. Pour ainsi dire, l’essentiel n’est point dans les images évanescentes qui nous apparaissent, mais plutôt dans l’imagination considérée comme un ensemble de mécanismes qui viennent troubler notre corps et notre esprit et qu’il s’agit ici justement de comprendre pour en être moins dupe. En d’autres termes, l’attention du philosophe doit se concentrer sur le sujet qui imagine et non sur les objets imaginés.

6) “Il importe de reconnaître d’abord, par un sévère examen, que ce pouvoir d’évoquer les apparences des objets absents ne va pas aussi loin qu’on le dit, ni qu’on le croit, et en d’autres termes, que l’imagination nous trompe aussi sur sa propre nature.

Désormais Alain critique explicitement la définition classique de l’imagination : contrairement à ce qu’on lit dans les manuels, l’imagination n’a pas un tel pouvoir d’évoquer les apparences des objets absents. Alain, dans d’autres textes, utilise un exemple récurrent pour critiquer cette définition de l’imagination : on a beau avoir souvent regardé le Panthéon à Paris, et même passer quotidiennement devant, si nous essayons, dans notre bureau, de l’imaginer, nous n’en avons que des images vagues et confuses ; et pour se rendre compte, il suffit d’essayer de répondre à la question : combien le Panthéon a t-il de colonnes ? Et comment ces colonnes sont-elles faites ? Devant notre impossibilité de répondre précisément à ce genre de questions, on s’aperçoit que les reproductions d’image produites par l’imagination ne sont pas très déterminées, et que l’imagination n’est pas aussi puissante qu’elle peut nous le laisser croire. C’est d’ailleurs précisément pourquoi les artistes se donnent toujours une matière solide à travailler et qu’ils se réfèrent à la perception du réel ; s’ils se contentaient d’évoquer les images constitués par leur imagination, ils ne pourraient élaborer des oeuvres aussi fortes et dont les riches détails contribuent grandement à la beauté.

7) “J’ajoute qu’il est prudent de ne point trop se croire soi-même, dès qu’une passion forte, ou seulement la passion de témoigner, nous anime.

Par suite de tout ce qui vient d’être dit, et puisque l’imagination est principalement comme une source d’erreurs, il paraît naturel de se défier de soi-même. Trop souvent nous croyons savoir sans vraiment savoir ; nous ne mettons pas assez en question nos certitudes, et nous n’appliquons pas assez la maxime fameuse de Socrate : “La seule chose que je sais, c’est que je ne sais rien”. Avoir cette modestie socratique, nous permettrait de nous laisser un peu moins abuser par les croyances que nous donnent notre imagination, nos passions, ou même, dit Alain, “la passion de témoigner”. Et en effet, dès lors que nous pensons avoir assisté à un événement extraordinaire, plutôt que d’y penser froidement et de l’examiner consciencieusement, nous nous pressons de partager notre témoignage aux autres. On peut penser aux personnes ayant cru voir un miracle ou un phénomène paranormal ; ils n’interrogent pas assez leurs croyances et ne se méfient pas assez des effets pervers de leur imagination et s’empressent de dire à tout le monde qu’ils ont vu, “de leur propre yeux”, un ovni. Le film de Kurosawa, Rashômon, en faisant voir plusieurs perspectives différentes sur le même événement, nous montre très bien la fragilité des récits et des témoignages, et nous incite, comme Alain nous l’indique, “à ne point trop se croire soi-même”.

8) “Revenons toujours à l’exemple de la peur, où le jeu de l’imagination est si puissant et la croyance si forte, même quand le pouvoir d’évoquer est incertain et tâtonnant. Au lieu donc de croire, ce qui est proprement la folie de l’imagination, que c’est l’objet supposé qui fait preuve et produit l’émotion, il est raisonnable de penser que c’est l’émotion qui fait preuve, et donne ainsi sens et consistance à des impressions par elles-mêmes mal déterminées.”

En reprenant cet exemple, on comprend que la question à laquelle semble répondre Alain dans ce passage se fait de plus en plus claire : “Qu’est-ce qui fait que l’imagination, lorsqu’elle conduit à éprouver des émotions telles que la peur, est aussi persuasive et que nous nous laissons si facilement abuser par elle ?” Pour répondre à cette interrogation capitale pour comprendre la nature de l’imagination, Alain continue à insister sur le sujet qui imagine plutôt que sur l’objet imaginé. D’après le sens commun, et surtout lorsque nous sommes dans une situation de panique, comme lorsque nous avons peur, c’est objet qui est la justification de notre état. Il y a ici clairement une opposition entre ce que nous fait croire l’imagination, dans sa “folie”, et ce que la raison nous fait savoir ; et dès lors que nous philosophons, il nous faut préférer adopter le point de vue le plus “raisonnable”, ce que fait ici Alain. Ainsi, en reprenant l’exemple de la peur, on pourrait pasticher la citation célèbre de Spinoza sur le désir et dire : “Ce n’est pas parce qu’une chose est effrayante que nous en avons peur, c’est parce que nous en avons peur qu’elle nous apparaît effrayante.”

Pour compléter l’analyse d’Alain, on pourrait justement aussi analyser l’émotion du désir : quand nous désirons sexuellement un être, l’imagination joue un grand rôle, et il serait illusoire de penser que le désir naît uniquement de la perception objective de la beauté de l’être désiré ; d’où le rôle crucial des habits, qui permet de faire un jeu entre ce qui est voilé et ce qui est dévoilé, et ainsi de faire travailler l’imagination au service du désir : l’imagination fait naître l’émotion ; l’émotion “fait preuve”, nous persuade, et donne “sens et consistance” aux images produites par l’imagination.

On voit donc que c’est là le mécanisme le plus subtil de l’imagination que Alain essaye de mettre au jour dans ce texte. On comprend également le grand intérêt que nous pouvons avoir à découvrir le fonctionnement l’imagination : si nous avons conscience du fonctionnement de l’imagination, et que nous centrons notre attention davantage sur nous-mêmes, sur nos émotions, plutôt que sur les objets à l’origine de ces émotions, nous pourrons forcément mieux nous maîtriser nous-mêmes et nous éviterons davantage les jugements faux, ce qui revient à dire que comprendre l’imagination nous aide déjà un peu à mieux vivre.

9) “Quand on imagine une voix dans le battement d’une horloge, on n’entend toujours qu’un battement d’horloge, et la moindre attention nous rassure. Mais dans ce cas-là, et sans doute dans tous, le jugement faux est secouru par la voix même, et la voix crée un objet nouveau qui se substitue à l’autre. Ici nous forgeons la chose imaginée ; forgée, elle est réelle par cela même, et perçue à n’en point douter”.

L’exemple choisi par Alain fait bien comprendre que ce n’est pas notre perception qu’il faut incriminer dans ce genre d’erreur ; nous percevons en quelque sorte toujours les choses telles qu’elles sont ; simplement l’imagination surajoute à cette perception une autre perception, qui est imaginaire, mais qui n’en est pas pas moins réelle, dans le sens où il s’agit d’une perception positive, même si cette perception est fausse, c’est-à-dire qu’elle n’est pas en adéquation avec le réel. On pense ici à la première proposition du livre IV de L’éthique de Spinoza : “Rien de ce qu’une idée fausse contient de positif n’est détruit par la présence du vrai, en tant que vrai.” D’où l’exemple célèbre, développé dans la scolie de cette proposition, du soleil qui nous apparaît beaucoup plus petit qu’il ne l’est en réalité. Notre perception erronée du soleil est bien réelle, de même que la voix entendue dans le battement de l’horloge est bien réelle. Le problème de l’imagination et des erreurs qu’elle produit se trouve donc tout entier dans ces images fausses et pourtant réelles et qui, pour cette raison, peuvent facilement abuser notre esprit trop peu prudent et méfiant.

Esquisse de conclusion :

Ce texte est un extrait du Système des beaux-arts, ce qui peut paraître un peu surprenant dans la mesure où dans ce passage il n’est pas du tout question de l’art. On conçoit facilement qu’une philosophie esthétique se construise en élaborant un concept d’imagination, mais ici, ce qui nous étonne, c’est que l’imagination est dépréciée ; elle n’est point vue comme “la reine des facultés”, mais plutôt comme une “maîtresse d’erreurs et de faussetés” dont on essaye de comprendre les ruses et le fonctionnement pour ne pas se laisser abuser. Ceci s’explique quand on s’intéresse à la théorie que défend Alain dans le Système des beaux-arts : une belle oeuvre d’art n’est pas faite pour nous faire rêver, pour exalter l’imagination, mais plutôt pour la fixer, pour la discipliner. Alors que les maux imaginaires comme la peur font naître un tumulte dans notre corps et notre esprit, une belle statue, un beau tableau, une belle danse, apaisent notre corps et notre esprit en les disciplinant selon l’ordre proposé par l’oeuvre contemplée. Ainsi, ce texte d’Alain constitue le point de départ nécessaire pour le développement de sa théorie originale des beaux-arts.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :